22.10.2009

L'Arc

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Pour faire suite à mon post d'hier, quelques musiciens actuels se sont  également intéressés aux possibilités de l'arc musical. Ainsi l'anglais Max Eastley, créateur de sculptures et d'installations sonores, qui commença sa carrière dans les années 70 en enregistrant sur le label d'ambient music de Brian Eno, Obscure. Depuis de nombreuses années, il joue de l'Arc, sorte de violoncelle minimaliste, un instrument monocorde bâti autour d'un corps en bois de près de trois mètres et d'une corde unique. Le ton est modifié en influant sur le bois, il peut aussi racourcir la corde pour changer le ton, puis ensuite ajouter différents effets électroniques. La corde unique de l'instrument est frottée et raclée à l'aide d'un archet. Elle produit des sons sous-marins propices au rêve et à l'imaginaire. Max Eastley a enregistré plusieurs disques en compagnie de David Toop, un des maîtres de l'ambient, dont le célèbre New and Rediscovered Musical Instruments, paru en 1975 sur le label Obscure, dans lequel il joue de l'Hydrophone, du Métallophone, du Centriphone et de l'Elastic Aerophone. Il a aussi enregistré deux albums en 2001 et 2007 avec le duo Spaceheads, trompette, batterie et electroniques, sur Bip Hop, label marseillais spécialisé en electronica, créé par Philippe Petit. A signaler une galerie photo consacrée aux sculptures et installations sonores de Max Eastley dans le n° 291 (mai 2008) de The Wire.

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16.10.2009

Bifröst

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La famille des arcs musicaux, instruments de musique à cordes de la famille des cordophones que l'on trouve aussi bien dans les cultures les plus archaïques que dans d'inombrables cultures contemporaines (Encyclopedia Universalis),  compte de nombreuses déclinaisons et quelques virtuoses. Parmi ces derniers, la chanteuse Buffy Sainte-Marie qui a largement contribué à populariser cet instrument en l'utilisant pour s'accompagner lors de ses concerts. Pour en savoir plus sur les Mouth Resonated Instruments, vous pouvez visiter le site Mouthmusic.

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L'une des plus récentes variations de l'instrument a été inventée par le musicien Christopher Vila Monasterio, installé à Sainte Cécile du Cayrou en Midi-Pyrénées. Elle présente la particularité de compter quatre cordes alors que la plupart des moutbows ou arcs à bouche (ou plus justement arcs en bouche) n'en comporte qu'une, voire quelquefois deux. Comme pour la guimbarde, c'est la bouche qui sert de caisse de résonance tandis qu'on frappe les cordes avec une baguette. On peut aussi en jouer de plein d'autres façons... Toutes les cordes de l'instrument sont accordables, ce qui offre beaucoup de possibilités mélodiques et harmoniques... Il s'agit d'une sorte d'arc composé ou pluriarc, selon la définition qu'en donne la Médiathèque de Bruxelles. Christopher les fabrique à partir de plusieurs essences de bois tels que buis, acacia, bambou, houx. Le nom de l'instrument, Bifröst, c'est dans la mythologie Viking, le pont arc-en-ciel qui relie le monde des hommes au monde des Dieux, la terre au ciel... un pont vers l'absolu. Et la musique jouée sur le Bifröst se révèle en totale harmonie avec la dénomination de l'instrument. Voici comment Christopher en parle :   Le Bifröst et la façon d'en jouer sont nés de l'inspiration qui est venue à moi par vagues successives, comme un courant béni, qui tout à coup nous traverse, nous embrasse, et nous remplit d'infini... ce courant mystérieux et sauvage, peuplé de lumière, qui nous prend par surprise et disparaît subitement, ne laissant derrière lui qu'une immense gratitude.

 

30.05.2009

Le Retour du Cor à gidouille

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Il y a quelques jours, je consacrais une note au Cor à gidouille, instrument joué en certaines occasions par Boris Vian. Au vu des quelques images de l'objet, j'avais supposé qu'il s'agissait d'un instrument inventé par l'auteur de L'Ecume des jours. Un premier échange de mails avec Paul Braffort, chanteur, mathématicien, me permis d'apprendre que ce dernier ne savait rien sur l'instrument mais se souvenait par contre d'avoir souvent imaginé avec son ami Boris "ce que pourrait être un "piano à couleurs", ignorants que nous étions de la symphonie "Prométhée", de Scriabine (1910), tout comme du "Spectrophone" de Zdenek Stepanek (1925), sans parler de Diderot !" Sur les conseils de paul braffort, je me suis ensuite orienté vers la Fondation Boris Vian par laquelle j'ai pu en savoir un peu plus. Il s'avère en effet que le dit instrument doit plus son côté inventif à son nom qu'à sa conception. "Le cor à gidouille n'est pas un instrument "inventé" par Boris Vian, mais plus simplement baptisé ainsi. Il s'agit d'un cor de chasse à 18 tours dit "d'Orléans", et parce que les 18 tours rappelent la gidouille du Père Ubu, il est devenu communément son "Cor à gidouille"

Et dans la famille des cors, trompes et autres instruments soufflés, voici un autre souffleur à gidouille, ici une trompe circulaire jouée par Laurent Taquin dans la Chapelle de Verre à Ronquière (Belgique).


26.05.2009

Piano optophonique

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En 1916, bien après le Père Castel et son Piano à couleurs (1725), l'artiste futuriste russe Vladimir Baranoff-Rossiné invente un instrument électronique à lecture optique : le Piano optophonique.

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Voici, à la troisième personne, une description de l'instrument par son inventeur : Imaginez que chaque touche d'un clavier de piano d'orgue immobilise dans une position choisie, ou fasse mouvoir plus ou moins rapidement un élément déterminé dans un ensemble de filtres transparents qu'un faisceau de lumière blanche traverse et vous aurez l'idée de l'appareil conçu par Baranoff-Rossiné. Les filtres lumineux sont de plusieurs sortes : des filtres simplement colorés - des éléments d'optique tels que prismes, lentilles ou miroirs - des filtres comportant des éléments graphiques, d'autres enfin comportant des formes colorées à contours définis. Ajoutez à cela la possibilité d'agir sur la position du projecteur, sur le cadre d'écran, sur la symétrie ou l'asymétrie des compositions et de leurs mouvements et sur son intensité, et vous pourrez reconstituer ce piano lumineux qui servira à interpréter une infinité de compositions musicales. Interpréter en effet - car pour le moment, il ne s'agit pas de trouver une seule et unique traduction d'un ouvrage musical existant, pour lequel son auteur n'a pas prévu une superposition lumineuse. En musique, comme en tout autre art l'interprétation, le talent, la sensibilité de l'interprète sont des éléments par lesquels il faut bien passer pour pénétrer la pensée de l'auteur. Le jour où un compositeur écrira à la fois, avec une notation dont il reste à déterminer les éléments en musique et en lumière, l'interprète aura un moindre degré de liberté, et ce jour-là, sans doute, l'unité artistique dont nous parlions, sera beaucoup plus parfaite..."

Quelques images statiques très psychédéliques des disques optophoniques

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Si l'invention de Baranoff-Rossiné  a rencontré peu d'écho lors de sa création et dans les années qui suivirent, de nos jours certains musiciens contemporains poursuivent des recherches sur les relations son et lumière.

23.04.2009

Cor à gidouille

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Saviez-vous que Bison Ravi, Brisavion ou Baron Visi alias Boris Vian, qui était aussi ingénieur, eût à son actif, outre le célèbre pianocktail de L'Ecume des jours, plusieurs inventions dont le gidouillographe, appareil à fabriquer les gidouilles, la roue élastique, ou encore le cor à gidouille à 18 tours ? Avec ce dernier, le grand Boris,  s'amuse à sonner l'appel sur la terrasse de son appartement lors de réunions des membres de l'Ordre du Collège de Pataphysique dont il fut Satrape et Promoteur. Du cor à gidouille, j'avoue ne pas savoir grand chose, ne l'ayant jamais entendu ni même vu. Je n'en connais que cette photo et ce dessin de Vian lui-même extraits du livre Images de Boris Vian, publié chez Horay en 1978. Une des nombreuses chansons que Vian ecrivit, La Java martienne, évoque aussi des musiciens jouant une musique de rêve sur de bien curieux instruments, les bazouks et les strapons.

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A ces moments perdus (qui devaient être rares) Boris Vian peignait et sculptait dans un esprit pas très éloigné de l'art brut, si l'on en juge d'après ces quelques figurines taillées dans le bois.
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16.09.2008

Musique sur un fil

Quelquefois, les bruits des ressorts ne font qu'accompagner la musique, comme dans cet étonnant instrument inventé par  Laurent Mortain dans le cadre d'un stage d'artistes mené par le Centre d'Expressions Musicales du Havre. Un fil de fer est tendu au plafond à l'aide d'un contre-poids et tandis qu'un ressort descend le long du fil, le musicien joue à l'aide d'un archet une musique qui évoque étrangement la musique indienne.

05.09.2008

Arbre à ressorts

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Après cette longue interruption estivale, retour à la musique de ressorts. Dans mon dernier billet, Spring Music,  j'avais rapidement présenté le travail de Pierre Berthet autour de la prolongation d'instruments. Voici aujourd'hui celui du percussionniste Florent Haladjian, membre du Quatuor Hêlios. A la suite d'un contact avec Dominique Répécaud du CCAM de Vandoeuvre autour d'un projet de solo de musique improvisée, Florent Haladjian élabore un nouvel instrument à base d'un réseau ressorts amplifiés et d'une table de mixage utilisée comme instrument électronique. Cet arbre sonore sera également utilisé en octobre 2002 pour le spectacle  Spaghetti's Club de Jean-Luc Therminarias et Jean Lambert-Wild. Une vidéo à voir ici.

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19.07.2008

Spring Music

Chercheursdesons prend des vacances, le blog ne reprendra son rythme de croisière au long cours que vers le début septembre. Quelques billets en août si je trouve un peu de temps pour les écrire. Pour patienter jusqu'à la rentrée, voici un premier billet sur la spring music ou musique à ressorts, qui sera sûrement à épisodes car la matière ne manque pas. De nombreux chercheurs de sonorités inédites se sont tournés vers les ressorts qui offrent de multiples avantages.  On les trouve facilement et le plus souvent à un coût dérisoire voire inexistant et il en existe une variété immense. En fonction des techniques utilisées, les sons produits sont d'une grande variété.

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Le musicien  Pierre Berthet travaille depuis de nombreuses années à la prolongation d'instruments. Il a ainsi prolongé des ressorts de locomotive et de camion à l'aide de fils d'acier reliés à des bidons, mais également des compresseurs, des cloches, des pianos et des haut-parleurs. On peut entendre un extrait ici.

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14.06.2008

La voix des obus

La "tradition" informelle des instruments de fortune existe partout où l'argent fait défaut et où l'on doit se débrouiller avec les moyens du bord. Comme je l'écrivais lors de mon précédent billet, "La France", c'est encore vrai en temps de guerre. A la suite de la lecture d'un article de David Cadasse, "Le chant des armes", consacré à la seconde vie des instruments de mort au Congo  (publié dans Afrik.com le 17 décembre 2003), j'ai cherché à en savoir plus sur le recyclage des armes de guerre en instruments de musique.

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J'ai donc entamé une correspondance avec M. Moulaza, animateur et coordinateur  au sein  de l’association congolaise Convention de la Jeunesse pour la consolidation de la paix (CJCP). Il a accepté de parler de son travail au sein de l'association et m'a fait parvenir les photos qui illustrent ce billet. "Nous utilisons effectivement les debris de coques d'armes de guerre notemment celles des obus et que nous transformons en instruments de musique. Nous faisons donc la musique des armes. Et notre objectif est celui de montrer au monde une autre manière d'utiliser les armes. Je travaillais sur la possibilité de combiner les sons si effrayants de toutes les armes que j'entendais pendant les guerres connues dans notre pays. Pour vous faire une idée, lorsque vous suivez un film de guerre, vous pouvez distinguer que chaque arme grosse ou petite a son "son propre" très particulier qui la différencie des autres armes. Alors, combiner ces sons de façon à créer une musique dansable, c'était cela mon objectif premier. Et un jour au cours d'une promenade, je rencontrais ce petit groupe d'animation d'environ cinq enfants, qui jouaient avec des bidons en plastique et des seaux en tôles qu'ils frappaient avec du bois, du bambou coupé et fermé d'un côté que l'on souffle à l'aide d'un tuyau pour produire du son. Mais ils avaient aussi à côté d'eux une coque d'obus. Et l'un d'eux me repondit qu'ils essayaient de jouer avec à la place du bambou. Ce jour là était passé, et environ une semaine après, cette image et les paroles de cet enfant m'étaient revenues. C'est là où était née mon initiative. Je suis parti les voir au site où ils étaient logés (car ils étaient des déplacés de guerre) et bien que difficilement, j'avais réussi de les persuader à oublier tous les autres instruments pour ne plus jouer qu'avec ces coques d'armes de guerre, puis je commençais à leur apprendre quelques chansons en faveur de la paix. Après, j'avais agrandi le groupe et les avais inséré dans l'Association CJCP que je préside, jusqu'au moment où nous avons rencontré l'agent de People TV, Mr KAMBA qui nous avait parler de Initiative Africa, où nous étions second lauréat en 2003." M. Moulaza ne m'a malheureusement pas envoyé de musique, aussi je vous laisse imaginer les sons de ces instruments en attendant de pouvoir vous les faire entendre (prochainement je l'espère).

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05.06.2008

La France

Dans mon billet d'hier, j'avais oublié quelques infos. Tout d'abord, une image d'un violon construit par Dominique Gauvrit pour le film de Serge Bozon, "La France", Prix Jean Vigo 2007, avec pour interprètes principaux Sylvie Testud et Pascal Greggory. La musique et les chansons  du film ont été composées par Benjamin Esdraffo et Mehdi Zanad. Voici ce qu'en dit Benjamin Esdraffo :

Nous avons pris contact avec deux spécialistes de « lutherie sauvage », Max Vandervorst (un Belge) et Dominique Gauvrit (un Vosgien). Ils nous ont fait écouter le rendu de certains instruments qu’ils composaient, et notre choix s’est porté sur deux guitares et un violon. La première guitare, dont joue Laurent Talon dans le film, est composée d’un seau à charbon et d’un manche de guitare (la « guitare charbonnière »). L’autre guitare, dont je joue, est composée d’une boîte de conserve de cornichons et d’un manche de ukulélé (le « cornichophone », variante du « choucroutophone » fabriqué avec une boîte de conserve de choucroute). Le violon dont joue Lionel Turchi a été fait à partir d’une caisse en bois. À ces trois instruments, nous avons ajouté une petite guitare de voyage, un bandonéon, un hautbois, un métallophone. Il nous fallait des instruments de petite taille. Même si le film ne cherche pas à être absolument réaliste, on voulait que reste crédible l’idée que les instruments, quand ils ne jouaient pas, pouvaient tenir dans les paquetages ou les sacs en toile des militaires. Cela nous a fait renoncer aux sons graves, car les instruments graves sont naturellement plus gros.

 

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